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Sous l’impulsion de Steve Severeyns (DFB VBF) et du forain Eric Cicéron (France), le ministère français de la Culture et les différents ministres de la Culture en Belgique ont été convaincus de déposer une candidature multinationale auprès de l’UNESCO afin d’inscrire la culture foraine sur la Liste représentative. Les premiers jalons ont été posés en 2014 par Zeev Gourarier et Jean-Paul Favand (FR). Un groupe de pilotage franco-belge a été créé pour mener à bien ce projet. Il est composé de :

Pour la Belgique :

  • Steve Severeyns

  • Isabelle Leroy (Culture – Région de Bruxelles-Capitale)

  • Cathérine Wilquin (Culture – Fédération Wallonie-Bruxelles)

  • Arno Beunen (Culture – Communauté flamande)

  • Melanie Wirtz (Culture – Communauté germanophone)

  • Véronique Vandevoorde (Musée de Mouscron, experte UNESCO)

  • Frea Van Craeyenest (Histories)

Pour la France :

  • Lily Martinet (Ministère de la Culture)

  • Eloïse Gaillard (Musée de Bercy / Les Pavillons de Bercy)

  • Renaud Lemailloux et Éric Cicéron (Le Petit Cheval de Bois)

La Région de Bruxelles-Capitale a finalement porté le dossier et l’a officiellement déposé.

Ans Persoons, secrétaire d’État bruxelloise à l’Urbanisme et au Patrimoine, et urban.brussels, l’administration bruxelloise chargée du patrimoine et initiatrice du dossier, annoncent que la « culture foraine » telle que nous la connaissons en Belgique et en France est officiellement inscrite, depuis le 4 décembre 2024, sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Grâce à cette reconnaissance, la culture foraine est désormais considérée comme un patrimoine dynamique, vivant et itinérant, permettant ainsi de préserver les traditions sociales, culturelles et artistiques des forains. Plus important encore, cela garantit que les générations futures pourront continuer à s’amuser dans les autos tamponneuses, les maisons hantées, les grandes roues, les lunaparks et bien d’autres attractions gravées dans notre mémoire.

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La culture foraine est une tradition qui se transmet de génération en génération. Enfant, je me rendais à la foire du village où j'ai grandi, et aujourd'hui, j'y vais avec mes propres enfants. Être forain signifie aussi, bien souvent, diriger une entreprise familiale. Le patrimoine ne se limite pas aux bâtiments, loin de là. Il s'agit également de chérir nos coutumes et traditions, qui évoluent constamment, et la culture foraine est un parfait exemple de ce patrimoine vivant. De plus, tout Belge aime savourer des croustillons », déclare Ans Persoons, secrétaire d'État bruxelloise au Patrimoine.

Ans Persoons

Secrétaire d'État bruxellois chargé du Patrimoine
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La reconnaissance de l’UNESCO annoncée aujourd’hui ne marque pas la fin d’une aventure, mais un nouveau départ. Afin de préserver notre culture foraine pour les générations futures, nous allons désormais mettre en place un groupe de travail international. Cela nous permettra de coordonner les différentes initiatives et mesures, mais aussi d’encourager d’autres pays à se joindre à notre initiative. Nous sommes conscients de la responsabilité que cette inscription implique. C’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous continuerons à collaborer avec les universités pour mener des recherches sur la culture foraine. Et nous continuerons également à sensibiliser les communes et les pouvoirs publics à tous les niveaux, afin que les fêtes foraines aient toujours leur place dans notre société.

Steve Severeyns

président de l'ASBL « Défense des forains belges »
Patrimoine vivant

La culture foraine trouve ses racines dans les traditions médiévales des acrobates et des forains itinérants, qui accompagnaient les fêtes foraines dans leurs déplacements. La fête foraine telle que nous la connaissons aujourd’hui ne s’est véritablement développée qu’à la fin du XIXe siècle, avec ses stands de restauration, ses jeux de hasard et ses manèges, qui sont devenus un incontournable festif dans les villes et les villages. La culture foraine est un patrimoine vivant et dynamique qui ne cesse de se réinventer, tout en restant fidèle à ses traditions.

Ce patrimoine incarne un mode de vie itinérant. Il s’agit de l’exercice de métiers uniques, destinés à divertir un large public. En amenant les fêtes foraines au cœur des villes et des villages, celles-ci nouent toutefois des liens étroits de collaboration avec les autorités locales et les communautés. Au fil de l’histoire, les communautés foraines ont fait preuve d’une grande résilience en s’adaptant sans cesse aux changements de leur vie quotidienne.

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Je me réjouis que la culture foraine ait été inscrite sur la liste du patrimoine immatériel de l'humanité. Cela contribue à la préservation de cette culture et à la reconnaissance de la place et du rôle de la communauté foraine au sein de nos sociétés. Cette 5e inscription, proposée conjointement par la France et la Belgique, témoigne de l'excellente coopération entre nos deux pays en matière de protection et de promotion du patrimoine immatériel,

Xavier Lapeyre de Cabanes

Ambassadeur de France en Belgique
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Il est extrêmement important de valoriser et de protéger notre patrimoine immatériel pour les générations futures. Dans un monde en constante évolution, les fêtes foraines sont restées en grande partie les mêmes : elles continuent d’être des lieux où tout le monde, sans exception, se retrouve et peut s’amuser. Tant dans les grandes villes que dans les petites communes, c’est une tradition bien ancrée que les gens attendent avec impatience chaque année. Grâce à la reconnaissance de l’UNESCO en tant que patrimoine culturel immatériel, nous veillons à ce que cette tradition puisse se perpétuer pendant de nombreuses années encore.

Ministre flamand de la Culture
Entreprises familiales

En France, la communauté foraine compte plus de 100 000 personnes et 40 000 entreprises, tandis qu’en Belgique, environ 850 entreprises familiales regroupent quelque 7 000 forains. Plus précisément, la communauté foraine belge compte environ 330 entreprises familiales en Wallonie, 75 à Bruxelles et 440 en Flandre. Leur mode de vie nomade favorise la cohésion familiale, la solidarité et la transmission intergénérationnelle d’une grande diversité de compétences. Les forains s’approprient des métiers, des arts, des techniques et la langue.

Hommes et femmes y vivent en étroite collaboration et exercent des tâches et des compétences très variées. Les forains perpétuent également leurs savoir-faire grâce à une formation pratique sur le terrain et à la transmission orale. Des structures éducatives adaptées, telles que des écoles itinérantes et des internats spécialisés comme celui d’Etterbeek, leur permettent également de suivre une formation formelle.

Les fêtes foraines sont accessibles à un large public et attirent chaque année des milliers de visiteurs. En Belgique, celles de Bruxelles, Liège et Anvers comptent parmi les plus grandes du pays, mais les fêtes foraines s’installent également dans de petits villages pour de courtes périodes. En France, la « Foire du Trône » et les fêtes foraines de Lille et de Strasbourg comptent parmi les plus connues. Les fêtes foraines constituent un facteur de cohésion pour de nombreuses personnes, qui attendent avec impatience leur arrivée pour se retrouver en famille et entre amis.

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L'inscription par l'UNESCO de la culture des fêtes foraines sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité est une grande fierté pour la Fédération Wallonie-Bruxelles et pour l'ensemble de la Belgique. Les fêtes foraines, avec leurs couleurs, leurs sons, leurs traditions et leur capacité à émerveiller, représentent une richesse culturelle unique qui transcende les générations. Elles tissent des liens entre jeunes et moins jeunes, entre tradition et modernité, et contribuent à l’identité vivante de nos régions. Cette inscription est une reconnaissance du savoir-faire et de la créativité des communautés foraines.

Elisabeth Degryse

Ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles
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La culture foraine est un exemple vivant de créativité, d’esprit d’entreprise et de traditions transmises de génération en génération depuis des siècles. Elle fait partie intégrante de notre histoire et de notre identité communes. En tant que ministre de la Culture et du Tourisme de la Communauté germanophone, je me réjouis que ce patrimoine unique soit désormais reconnu dans le monde entier. Nous envisageons l’avenir avec confiance et sommes déterminés à continuer de promouvoir et de protéger notre patrimoine culturel. Ensemble, nous veillerons à ce que la « culture foraine » continue de s’épanouir dans les années à venir et reste vivante pour les générations futures.

Gregor Freches

Ministre de la Culture et du Tourisme de la Communauté germanophone
Un dossier franco-belge

La 19e session du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, qui s’est tenue du 2 au 7 décembre à Asunción (Paraguay), a approuvé aujourd’hui, le 4 décembre 2024, l’inscription de la culture foraine en France et en Belgique sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Pour rappel, le 29 mars 2021, la candidature visant à inscrire la culture foraine sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité a été remise aux ambassadeurs de l’UNESCO à Paris.

Ce projet a été porté par la Région de Bruxelles-Capitale et urban.brussels, l’administration bruxelloise chargée du patrimoine, au nom de toutes les entités fédérées de Belgique et de France, en collaboration avec les ministères de la Culture et du Patrimoine des deux pays. Il s’agit d’un exemple de coopération européenne, à laquelle ont notamment participé de près l’Association pour la défense des forains belges, les communautés foraines et leurs syndicats, le Musée des arts forains à Paris ou encore des associations telles que « Le Petit Cheval de Bois » en France et le Musée de Saint-Ghislain en Belgique.

Il s’agit également du premier dossier international sur le patrimoine immatériel élaboré par la Région bruxelloise et urban.brussels, l’administration chargée du patrimoine culturel, agissant au nom de toutes les entités de la Belgique. Étant donné que cette tradition s’étend bien au-delà de nos deux pays, il est très probable que de nouveaux pays se joignent à cette initiative.

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